8 mois de voyage en van en Nouvelle-Zélande : l’histoire d’Anaïs et Valentin

Temps de lecture : 11 minutes

En 2022, Anaïs et Valentin font ce qu’on se dit tous un jour, mais que peu osent vraiment faire. Ils étudient et voient déjà la suite de leur vie toute tracée. Pourtant, quelque chose coince : cette sensation d’être à l’étroit dans une vie trop prévue.

Un soir, Valentin lâche une phrase simple, presque comme une blague :
« Viens, on part. »

Trois mots, qui ont eu un impact immédiat.

Quelques mois plus tard, ils posent leurs sacs en Nouvelle-Zélande, à 19 000 kilomètres de Toulouse, avec une idée en tête : vivre dehors, bouger, se surprendre. Huit mois de road trip, en van. Et un quotidien fait de paysages incroyables et de petits détails très concrets qui font toute la différence lorsque l’on vit sur la route.

Les enseignements clés d’Anaïs et Valentin

Ce qui a vraiment bien fonctionné
– Des panneaux solaires : pour l’autonomie du quotidien.
– Un aménagement avec beaucoup de rangements : moins de bazar, plus de fluidité.
– L’achat d’un van déjà prêt à vivre : pas de travaux à gérer sur place.

Les 3 erreurs qu’ils ne referaient pas
– Un réchaud bas de gamme (lent → frustrant ).
– Une glacière défaillante (et bonjour le “thon en boîte”).
– Un lit fixe non modulable (pas de vrai coin pour vivre / travailler).

Le conseil d’or
– Se renseigner à fond sans se précipiter sur le premier van déjà aménagé.


Le déclic : du rêve à la réalité en van

Pourquoi la Nouvelle-Zélande pour ce road trip ?
« On s’est dit : en vrai, c’est tout ce qu’on recherche. Le van , le backpack, les paysages hyper divers. »

anais valentin voyage van nouvelle zelande

À la base, ils regardaient plutôt l’Australie. Logique : PVT, images partout, destination « évidente » pour qui veut partir avec un van. Et puis un soir, TikTok fait ce qu’il fait très bien : il met sous vos yeux une idée que vous n’aviez pas encore formulée.

Valentin tombe sur des vidéos de Nouvelle-Zélande. Coup de cœur immédiat.

Ce qui les a convaincus :

  • moins de monde que sur les routes australiennes,
  • un pays pensé pour les voyageurs en van (free camps, piscines municipales pour se doucher, infrastructures partout),
  • deux îles aux paysages radicalement différents : montagnes, plages, fjords, forêts.
  • Et un bonus non négligeable pour Anaïs : pas d’araignées, pas de serpents.

Comment préparer son départ : de l’idée au premier soir dans le van

Quelques semaines avant de partir, Anaïs envoie une vidéo à Valentin. Un van trouvé sur TikTok, le genre qui fait rêver quand on imagine sa vie sur la route. « Regarde ce van, trop fou. En vrai, j’aimerais trop avoir ce type de van en Nouvelle-Zélande. » Un rêve un peu abstrait, comme ça.

Arrivés à Auckland, ils prennent trois semaines pour poser les bases : démarches administratives, repères, et surtout : trouver le van. Ils créent un compte TikTok commun pour documenter leur voyage. Et là, timing parfait : la vidéo réapparaît dans leur feed. Cette fois, la propriétaire annonce qu’elle le vend.

Anaïs commente. Message. Visite. Coup de cœur.

15 000 dollars néo-zélandais, c’est le prix annoncé. Après avoir comparé des dizaines d’annonces sur les groupes Facebook, vérifié la rouille, le kilométrage, demandé un contrôle technique à jour. Ils ont décidé de sauter le pas.

Quelques échanges plus tard, ils deviennent donc les nouveaux propriétaires de Roro, un modèle de 1998, environ 5 mètres, déjà aménagé et prêt à les suivre pendant huit mois.

roro van voyage nouvelle zelande

Roadtrip en van : s’organiser au quotidien

Anaïs et Valentin n’avaient jamais voyagé en van avant ça. Pas de week-end test, pas d’essai. Leur choix : un véhicule déjà aménagé, sans travaux à prévoir.

Peux-tu nous décrire l’aménagement de ton van ?
« On avait un lit en hauteur avec de gros bacs de rangement en dessous pour les sacs à dos, les chaussures, les vêtements. Une petite banquette avec des rangements pour le réchaud, la nourriture et les ustensiles. Un plan de travail avec évier et robinet, et un placard pour les affaires de toilette et les manteaux, pour un accès rapide. »-

Rangements partout. C’est le fil rouge d’un van qui fonctionne au quotidien.

Côté cuisine, c’était plus sommaire : une glacière peu fiable, un petit réchaud. Mais en Nouvelle-Zélande, les infrastructures comblent vite les manques : douches dans les piscines municipales, campings pour recharger les ordinateurs lors des passages. « Au final, on avait surtout besoin d’un endroit où dormir. »

Ce qu’ils ne disent pas tout de suite, mais qui ressort vite : ils préparaient leurs candidatures en master depuis la Nouvelle-Zélande. Imprimante portable pour le journal de voyage, téléphones, appareils photo. La vie continuait, depuis la route.

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Si c’était à refaire : les changements dans l’aménagement

Ils ne regrettent pas Roro. Mais si le voyage avait duré encore plus longtemps, ils auraient investi dans trois choses.

  • Un réchaud performant

Il faut imaginer la scène. Ils rentrent d’une journée dehors, fatigués, il fait froid. Anaïs sort les pâtes. Valentin allume le réchaud.

Quarante-cinq minutes plus tard, les pâtes ne sont toujours pas cuites.

« Quand tu rentres épuisé et qu’il fait froid, c’est juste très long. »

Ce n’est pas un détail anodin. Dans un van, cuisiner c’est souvent un moment de confort de la journée. Le moment où l’on souffle où l’aventure prend une dimension humaine et simple. Un mauvais réchaud transforme ce moment en corvée. Soir après soir.

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  • Une vraie solution froid.

Leur glacière, leur a fait vivre bien des péripéties. Elle ne refroidissait pas vraiment ou en tout cas pas assez, pour faire des courses normalement et manger varié. Alors ils ont mangé du thon en boîte. Beaucoup de thon en boîte.

« Ne faites pas comme nous. »

Anaïs le dit en riant, mais sur la durée, ce genre de contrainte pèse. Pas pour des raisons gastronomiques. Plutôt parce que la nourriture, quand on vit en van pendant 8 mois comme à la maison, on apprécie les repas variés.

  • Un lit modulable plutôt qu’un lit fixe en hauteur.

Il y a un détail qu’Anaïs et Valentin ne mentionnent pas tout de suite. Pendant ces huit mois, ils préparaient leurs dossiers de candidature en master, depuis la Nouvelle-Zélande.

Téléphones, appareils photo, imprimante portable pour le journal de voyage. La vie continuait, depuis la route.

Leur lit était fixe, en hauteur. Pratique pour stocker les sacs à dos en dessous. Mais il manquait un espace transformable, un coin où poser un ordinateur, travailler vraiment, sans se contorsionner.

« On se débrouillait. Mais avoir un vrai coin pour travailler, ça aurait tout changé. »

C’est la troisième chose qu’ils changeraient : un lit modulable, qui se relève en table avec des banquettes.

« On aurait aimé un lit amovible qu’on peut relever pour en faire une table avec des banquettes. On devait préparer nos candidatures en master depuis la Nouvelle-Zélande, on se débrouillait, mais avoir un vrai coin pour travailler, ça aurait tout changé. »

Réussir son voyage en van sur le long terme : l’autonomie énergétique qui change tout

Ce qui leur a vraiment sauvé la mise : les panneaux solaires

Roro était équipé de panneaux solaires sur le toit, reliés à une batterie. Simple, et décisif.

« On n’a jamais eu de problème pour charger nos téléphones. Même les jours sans soleil, la batterie tenait largement. »

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Ce qui a vraiment fait la différence, c’est quand ils ont vu comment voyageaient les autres. « On a rencontré des gens qui devaient recharger leur batterie en roulant. Ils devaient tout le temps bouger, parfois ils partaient juste pour ça. Ça consomme de l’essence, tu peux perdre ta place en free camp… Nous, avec les panneaux, on avait zéro stress. »

Dans leur cas, et parce qu’ils aimaient rester plusieurs jours au même endroit, le solaire a changé le voyage. Pas d’obligation de bouger, pas de contrainte le matin. Juste la liberté de rester quand un spot valait qu’on s’y attarde.

Leur gestion de l’eau : le système D version Nouvelle-Zélande

L’eau, c’était plus artisanal. Un bidon avec robinet, un évier, des bouteilles achetées pour boire et la douche solaire.

Le concept est parfait sur le papier : une poche noire qu’on pose au soleil, l’eau chauffe, on se douche. Sauf que sur Roro, il n’y avait aucun endroit pour la fixer correctement. Elle tombait, tout le temps.

Valentin s’en sortait : il est plus grand, il pouvait tenir la poche à bout de bras. Anaïs, non. Solution trouvée : il tenait la douche pendant qu’elle se lavait.

« Parfois on s’est douchés avec des bouteilles d’eau. C’était un peu n’importe quoi, mais on s’en sort toujours. »

Ce qu’ils auraient changé : une fixation propre pour éviter les acrobaties quotidiennes.

Le mini check “long voyage” (sans se prendre la tête)

Électricité : les 3 règles pour ne jamais tomber en panne

  • Pensez usage avant matos : ce que vous chargez, quand, combien de temps.
  • Prévoyez une marge : 2–3 jours “météo moyenne”.
  • Adaptez au rythme : si vous bougez tous les jours, ce n’est pas la même logique que si vous restez posés.

Eau : les essentiels pour ne jamais être à sec

  • 20 L à deux, c’est un bon minimum pour boire/cuisiner quelques jours.
  • Si vous voulez gagner en liberté : traitement / filtration (pas obligatoire, mais très pratique).

Quand le rêve en van devient réalité : les leçons de huit mois sur la route

En quoi cette année a-t-elle transformé votre rapport au voyage, au confort, à la vie ?
« Ça a confirmé l’appétence pour la liberté, la découverte, le fait de ne pas se prendre la tête. »

Ils parlent aussi de confiance. En eux, en leur couple, dans leur capacité à gérer l’imprévu. « Même quand il y a des galères, on se renseigne et on les gère. »

Et surtout, d’un truc qu’on oublie dans la vie « classique ».

« Tu prends tellement de recul. Pas de conflits, pas de choses superflues. Tu es juste là, avec toi-même, avec ton copain, avec la nature. Ça change tout. »

Trois conseils essentiels pour préparer un road trip de plusieurs mois en van ?

  1. Se renseigner beaucoup avant de partir à l’aventure :
    « Savoir comment fonctionne le pays, les infrastructures, les démarches. Juste assez pour être serein quand il y a une galère. C’est jamais négatif d’être trop renseigné. Mais il ne faut pas tout prévoir heure par heure. »
  2. Ne pas prendre trop d’affaires.
    Pour l’anecdote, Valentin voulait emporter sa PlayStation. Anaïs lui a rappelé qu’ils partaient en sac à dos. Il n’avait pas vraiment réalisé. C’est une fois dans le van qu’il a compris : « Mais la play, où est-ce qu’on l’aurait mise ? »
    Le van apprend vite ce qu’on n’utilise jamais, Anïs le confirme : « Franchement, j’étais en legging tous les jours. Prends des basiques que tu peux mettre dans plusieurs tenues, plusieurs activités. »
  3. Ne pas se précipiter et se faire confiance.
    Visiter plusieurs vans, comparer, prendre le temps. Mais garder une part de spontanéité. « Planifiez, mais pas trop. Sinon, ça enlève la magie du truc. »
    De plus, sur la route, ils ont rencontré une fille qui s’était précipitée. Elle avait payé 18 000 dollars pour ce qui était en réalité une grande voiture aménagée, pas un van. Pas de contrôle technique vérifié, pas de comparatif fait. « Elle n’avait que des galères. » Eux avaient payé 15 000 pour Roro, un vrai van, bien équipé. La différence : le temps pris pour comparer.
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Voyage en van : pourquoi personne n’est vraiment prêt au départ

Que dirais-tu à quelqu’un qui hésite à partir dans une aventure en van par peur de ne pas être prêt ?
« Tu n’es jamais prêt. Il faut juste faire en sorte de l’être. En fait, si tu me dis demain, tu pars en van en Nouvelle-Zélande, je ne suis pas prête. Je ne connais pas le pays, je ne sais pas comment ça fonctionne. Mais en te renseignant, tu deviens prêt. Tu regardes comment le pays fonctionne, quelles sont les démarches à faire, quelles sont les infrastructures. Avec ces informations-là, toi, tu seras prêt parce que tu seras serein. »

Et après, leur voyage en van aménagé ?

Aujourd’hui, Anaïs a repris ses études en master, en alternance. Mais avec un regard différent, plus assumé, plus aligné. Ce n’est plus le même master qu’elle aurait fait sans cette année en Nouvelle-Zélande.

La suite ? Asie, Canada, Amérique du Sud. Les envies ne manquent pas. Pas forcément en van à chaque fois, mais toujours avec la même philosophie : vivre, kiffer, et se rappeler de ce qui compte vraiment.

Pour aller plus loin

Vous préparez votre propre aventure en van ? Quelques ressources pour bien vous équiper :

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